Résistance du lecteur

Contre vents et marées, deux citations.

La première, de Claudel: « L’objet de la littérature est de nous apprendre à lire. »

Cela signifie que quand vous avez un bon livre de littérature devant vous, vous allez apprendre. Ça va vous déciller les yeux, si vous voulez bien. Et si vous ne voulez pas, eh bien, ce n’est pas la peine. Cela veut dire aussi qu’il y a quelque chose à apprendre et que ça se passe dans la lecture.

La suivante, de Nabokov. Elle dit la même chose mais en postulant le pénible esprit de résistance du lecteur, sa crainte, sa réticence à écouter, voir, sortir de sa certitude, de son sommeil, de son ennui, de sa connerie, de ses préjugés : « Dans une œuvre d’imagination de premier ordre, le conflit n’est pas entre les personnages mais entre l’auteur et le lecteur. »

Les auteurs de littérature de premier ordre en font les frais. Censure d’en haut ou d’en bas. Et puis, souvent, miracle, on finit par leur passer un trône. Voyez Joyce.

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