Quand était-ce ?
C’était en décembre, car le narrateur se souvient qu’en allant au rendez-vous il avait vu sur la route (avenue W. Churchill) une auto surmontée d’une écriteau lumineux disant « happy Hanoukka », c’est-à-dire, grosso modo, joyeux Noël. Il faisait déjà noir et il pleuvait. Les lettres lumineuses se réfractaient dans la myriade adamantine des gouttelettes tombant du ciel mais aussi se soulevant de terre, projetées en hauteur par les pneus sillonnés des autos.
Le trafic était-il dense?
Oui.
Quelqu’un accompagnait-il le narrateur dans le véhicule?
Non, à moins qu’il faille considérer comme quelqu’un cette entité dont le narrateur se sent perpétuellement accompagné et à qui il s’adresse dans le silence de sa tête, et parfois même à haute voix, quand il y pense. Le siège passager était occupé toutefois par une bouteille de champagne, que le narrateur apportait par politesse.
Le narrateur se rappelle-t-il la marque de ce champagne.
Non. Mais il devait s’agir d’un champagne bon marché. Ce qui nous donne sans doute quelque indication sur sa mentalité, mais pas assez pour en tirer une information sûre concernant un éventuel trait de caractère ou sur l’état de sa fortune.
Le narrateur écoutait il de la musique?
Oui, bien qu’il n’ose l’affirmer en toute certitude. Du moins se trouvait il dans un état agréable de légère exaltation comme quand on écoute un morceau qu’on aime et qu’on se sent pressé de chanter avec et dessus, peut-être même à tue-tête.
Le narrateur aimait-il la vie?
Beaucoup.