Bruegel

Ce tableautin qui se trouve, me dit-on, au musée de Copenhague et que je n’ai pas encore vu en vrai, me semble un de ces chefs-d’œuvres que Brueghel peignait comme distraitement ou, mieux, pour se distraire. Politique, moral, érotique même, désespéré, cruel et farouchement humoristique, il chiffre, pour ainsi dire, les sept péchés capitaux en un seule image à la fois terrible et bizarrement gaie. Toutes ces mèches de cheveux et ce fond marron peinturluré font brûler une sorte d’enfer tout autour de ce portrait collectif de l’envie, de la gourmandise, de la luxure, de l’injustice, de l’horreur combinée de la richesse et de la pauvreté.

Ce côté sans issue me fait porter Brueghel dans la même formidable constellation d’esprits que Dostoïevski ou Nietzsche. (Voir: Léon Chestov, De la philosophie de la tragédie: Dostoïevski et Nietzsche — ouvrage de 1901, disponible en français et en poche aux éditions Le Bruit du temps, 2019.)

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