À mes amis qui vont à la Foire du livre de Bruxelles aujourd’hui. Arrêtez-vous aux stands des éditeurs de poésie!

Voilà pourquoi et comment il faut lire de la poésie. Le poème oblige à ralentir. Au départ il est une chanson, et il contient ce rythme différent propre à la musique. Il joue sur les mots et ne se laisse apprivoiser qu’au moyen d’une certaine lenteur. Par là même il brise la routine et l’inertie de nos existences. Il ouvre un moment où nous sommes disposés à relire ou à répéter, tel mot, tel bout de phrase, à revenir en arrière. Ainsi, le processus de lecture du poème est un véritable maître en sagesse. Un maître spirituel de n’importe quel continent et tradition ne nous dirait pas autre chose pour commencer notre apprentissage, notre initiation. Refuser de prendre la porte du poème, c’est évidemment résister à la vie, résister à la paix, se tendre contre le miracle. C’est refuser le temps véritable (« le temps dont on s’éprend », disait Rimbaud) pour se maintenir dans le flux du temps de mort, qui n’est que destruction et accumulation de ruines.

Lisez de la poésie!

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