Grégoire Polet, né à Bruxelles en 1978, est docteur en lettres de l’Université catholique de Louvain, spécialisé en littérature espagnole. Il publie à vingt-six ans son premier roman, Madrid ne dort pas, et reçoit le prix Jean Muno. En 2006, Excusez les fautes du copiste, l’histoire d’un peintre faussaire, lui vaut le prix spécial Écrivain de la Fondation Jean-Luc Lagardère ainsi que le prix Rossel des jeunes. Son roman suivant, Leurs vies éclatantes, explore une semaine dans la vie de nombreux personnages qui se croisent, se rencontrent ou s’ignorent, dans les quartiers de Paris. Il est sélectionné pour le prix Goncourt 2007 et est récompensé par les prix Fénéon et Grand-Chosier. Lauréat du prix Amerigo Vespucci pour Barcelona ! (2015), Grégoire Polet a reçu en 2016 le prix Félix Denayer de l’Académie de Belgique pour l’ensemble de son œuvre. Dernier titre paru, Soucoupes volantes (2021). Son œuvre, traduite en plusieurs langues, est publiée aux Éditions Gallimard et chez Folio.
Également auteur et réalisateur de documentaires, il a écrit en 2017 Dans les coulisses du Traité de Rome (ARTE, 52’), une docu-fiction historique sur les origines de l’Union européenne, et, en 2020, il a écrit et réalisé Les Misérables et Victor Hugo : au nom du peuple (ARTE, 54’), coécrit avec Samuel Lajus.
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Autobio
G.P. est né à la clinique Sainte-Elisabeth (Bruxelles, Gaule Belgique). Il a pu, partant, se demander s’il était un saint Jean-Baptiste. De son enfance dans un petit village du Brabant (Cortil-Noirmont), il se rappelle une dalle de béton sur la terrasse où, jouant avec une salière en plastique blanc et orange, mobilier d’une dînette, il connut un moment parfait. Ciel bleu, haie de petits sapins. Tout l’univers en lui et lui dans tout l’univers. De son adolescence, il se rappelle avoir été continuellement amoureux. D’abord de Marjorie, puis de Stéphanie puis de Maïté, qui toutes trois portèrent pour lui un tison de la lumière éblouissante. Cela se passait surtout à Louvain-la-Neuve, mais aussi à Gembloux et à Bruxelles. Un rayon de Russie l’atteignit dans un appartement parisien, où un ami plus vieux lui faisait lire Le Montage de Vladimir Volkoff. Avec Apollinaire en contre-chant (l’appartement n’était pas loin du pont Mirabeau). De brillantes études le confirmèrent dans la pensée que, hors les grands écrivains, le monde des lettres n’est fait que de chenapans. En 2024, il soutint avec succès une thèse de doctorat qui le libéra de l’université, publia un roman en forme de petite clef d’argent (Madrid ne dort pas) et eut un enfant. Il ne lui manqua que de planter un arbre, ce qui fut fait quelques années plus tard.
