Du gaudé de la zauzisse

Quelle étrangeté. Je passe l’entracte d’un délicieux concert avec un remarquable connaisseur de Proust, qui m’explique, champagne Deutz à la main (et dans l’autre un bouton de mon veston), toute la théorie mystico-poétique à l’œuvre dans le célèbre passage de la musique chez Mme de Saint-Euverte, où la « petite phrase » de la sonate de Vinteuil est décrite avec force connaissance magique et allusions chamaniques comme une authentique apparition divine — et qui pendant tout ce temps prononce Swann, Zwann.

Bon.

2 commentaires

  1. Avatar de delectablypolice9208cfd1ce delectablypolice9208cfd1ce dit :

    C’est amusant, en effet ! Juste une question.

    Le lecteur étranger que je suis – étranger et qui  connaît mal l’oeuvre de Proust – ne comprend pas bien le titre « Du gaudé de la zauzisse ». Cela voudrait dire « Du côté de la saucisse », qui serait un clin d’oeil ironique au titre « Du côté de chez Swann » ? Et ce serait une allusion à la personne qui prononce mal le nom « Swann », n’est-ce pas ?
    connai^t mal l’oeuvre de Proust – ne comprend pas bien le titre « Du gaudé de la zauzisse ». Cela voudrait dire « Du co^té de la saucisse » ? Et ce serait une allusion à la personne qui prononce mal le nom « Swann », n’est-ce pas ?

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    1. Merci pour votre commentaire.
      C’est exact. Il s’agit d’un calembour, cette part toujours ingrate et difficile à repérer pour les allophones, et le supplice des traducteurs. Toutefois, Proust lui-même nous rassure, avec cette idée amusante qu’on trouve dans A l’ombre des jeunes filles en fleurs: « Mais ne pas la comprendre n’a jamais fait trouver une plaisanterie moins drôle. »
      On peut ajouter ceci: l’allophone peut aussi, parfois, dénicher des calembours qui n’existent qu’en rapport avec sa langue à lui et , au frais de l’auteur, se compenser d’un plaisir d’autant meilleur que personne ne l’avait préparé.

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