— Pour moi, dit celui-ci, l’auteur qui faisait les plus longues phrases, c’était Proust, et les plus courtes, c’était Simenon.
Puis, en rentrant, remâchant cette idée trop banale pour être juste, je songeais que c’était probablement le contraire. Que les phrases de Simenon, en fait, c’était ses romans. Pour lui, ce mouvement de levée, plané, tours, remontée, descente, et posé final, qui est la belle phrase, la “période” proustienne, pour Simenon, c’est tout un roman. Ses romans d’ailleurs sont courts. Mais ils ne sont à chaque fois qu’une longue phrase, au sens proustien. C’est pourquoi Proust comme Simenon n’ont jamais composé qu’un seul grand roman, une œuvre totale. Tous les romans de Simeon sont les phrases de son œuvre. Il était nécessaire pour un auteur comme Simenon d’écrire des centaines de romans. Puisqu’ils ne sont qu’une phrase. Ainsi les quasi 400 romans du grand Liégeois forment un texte finalement assez bref et concis d’un petit 400 phrases.
Tout cela horriblement mal formulé, à cause de la fatigue de la soirée.