Atmosphère

Perdue dans la forêt, une épingle dorée. La promenade interrompue, demi-tour, recherche. Infructueuse. Beauté du tamis de lumière filtré par le feuillage, taches jaunes, orange, éparses dans le sous-bois, odeurs d’humus et trouvaille : un champignon jaune arborescent, extravagant, non identifié. Photo prise sous plusieurs angles. On n’espère plus retrouver l’épingle, retour à la maison, Charline maussade à cause d’une perte qu’elle dit irréparable. L’épingle fermait une broche, heureusement restée accrochée au revers de la veste, qui lui venait de notre mère.

A la maison, reliefs du banquet de la veille : on a laissé pour tout à l’heure une partie de la vaisselle et du rangement. J’interroge dans le couloir le cerf dix cors empaillé, à l’œil rond. Il ne me répond pas. Toujours ce dialogue de sourds depuis l’enfance. Toujours le même tapis, désormais usé jusqu’à la corde couvrant les marches de l’escalier. Le bois lustré de la rampe. Le craquement du parquet du couloir, trente ans de remugle derrière la même porte, le même placard. Je m’affale sur le lit. Par la fenêtre, restée ouverte, la rumeur lointaine du vent sur les bois chuinte joliment, mystérieusement. Je m’attends à recevoir la visite d’un oiseau sur le fer du balcon. Une pie ? Un ramier ? Comme hier ? Mais personne.

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