A quelqu’un qui me demandait pourquoi l’on dit du marquis de Sade qu’il est un auteur profond, philosophiquement, j’envoie ce court mot.
Il y a contradiction entre la morale et Dieu. C’est le fond du message du marquis de Sade. Nietzche tiendra le même discours, autrement. Vivra la même conviction. La morale est un empêchement à Dieu. Tout Dieu moral est impossible ou faux. Il faut donc dynamiter la morale pour avoir une chance d’entrevoir (de jeter du jour sur, comme dit le marquis) « cette fatalité à laquelle on donne vingt noms différents, sans être encore parvenu à la définir. » C’est un bon début.
Dangereux, évidemment. Le risque le plus grand étant que ce début soit aussi la fin, et qu’on se fasse sauter avec, comme le type assis sur sa bombe.
Pour ne pas se pulvériser, Sade s’attache, comme à un viatique, à la jouissance. Traverser l’horreur, accroché à la jouissance. C’est toute l’idée du sadisme. Pour voir jusqu’où. Voyage au bout de la nuit, un peu, ou tentative de franchir le mur du sombre, dans le seul engin assez puissant: la vie-jouissance.
Dangereux? Criminel?
A passé sa la moitié de sa vie en prison.