Pérez-Reverte et la vérité

Avec un amateur de Pérez-Reverte (un peu éloigné de moi sur ce sujet), nous avions un échange qui se termina à peu près par, dans la bouche de mon interlocuteur, ces idées et propos, qui m’ont beaucoup intéressé et que je reformule comme ceci, le plus exactement possible :

Pérez-Reverte est un homme qui a fait l’expérience de la vérité dans le spectacle de la guerre (reporter en Bosnie). Aussi la projette-t-il dans ses romans, aussi finit-il même, politiquement, par la souhaiter. De même Simenon avait fait l’expérience de la vérité dans la tristesse et le dégoût sexuel ; aussi est-ce cette tristesse et ce dégoût sexuel qu’il recherche et qui donnent forme à son style et substance à son imagination. C’est toujours la vérité qu’on recherche et poursuit, quand on l’a connue. Hugo l’avait connue dans la souveraineté paternelle. Regardez son œuvre. Baudelaire l’avait connue — cas fascinant — dans la haine et l’esprit impuissant de vengeance.

Qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas la guerre que l’on aime dans l’œuvre de Pérez-Reverte, ni la tristesse chez Simenon, ni la haine chez Baudelaire, ni la souveraineté chez Hugo. C’est toujours et seulement, par transparence, invisible et patente, l’insaisissable vérité. Qu’ils ont connue, poursuivie, et dont leur style était précisément l’image en creux.

 

Merci à C.G.L.

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